Une passion née dans les assiettes
Tout a commencé très tôt, dans la cuisine familiale, à observer ma mère et ma grand-mère transformer des ingrédients simples en moments de bonheur partagé. L'odeur du beurre qui fond, les épices qui s'ouvrent à la chaleur, les rires autour d'une table — c'est là que tout a commencé.
La cuisine comme premier terrain de jeu
Après des études dans la restauration et quelques années en cuisine de restaurant, j'ai ressenti une envie de liberté — celle de cuisiner ce que j'aime vraiment, sans contraintes, au rythme des saisons et de mes inspirations. La restauration traditionnelle, c'est merveilleux, mais le format m'étouffait un peu.
L'idée du food truck s'est imposée naturellement. Un espace à moi, une cuisine qui me ressemble, un contact direct avec les gens. Pas d'intermédiaire, pas de chichi — juste la nourriture et l'humain.
Le monde dans mon assiette
Avant de lancer la caravane, j'ai voyagé. Longtemps, loin, les yeux grands ouverts et le carnet de recettes toujours à portée de main. Chaque pays visité a laissé une empreinte dans ma façon de cuisiner et de penser la nourriture.
Des marchés de Bangkok aux souks de Marrakech — chaque voyage est une leçon
De l'Asie du Sud-Est, j'ai ramené la richesse des épices, la fraîcheur des herbes, cette façon d'équilibrer le sucré, le salé, l'acide et le pimenté en une seule bouchée. La cuisine thaïlandaise, vietnamienne, indonésienne — des soufflés de saveurs qui m'ont appris à ne jamais sous-estimer un ingrédient simple.
Du Maghreb, j'ai gardé la générosité, la lenteur bienheureuse des tagines qui mijotent, le parfum du ras-el-hanout qui s'infiltre partout. Et surtout, cette idée que la cuisine est avant tout un acte d'amour.
« Cuisiner, c'est voyager sans bouger. Manger, c'est accueillir quelqu'un dans son histoire. »
De l'Amérique latine, la vivacité. Les ceviches péruviens, les empanadas argentines, le mole mexicain qui raconte à lui seul des siècles de métissage culinaire. Des cuisines qui assument leur complexité sans jamais se prendre au sérieux.
- Thaïlande, Vietnam, Indonésie — l'équilibre parfait des saveurs
- Maroc, Tunisie — la générosité et les épices du Maghreb
- Pérou, Mexique, Argentine — la vivacité et le métissage latin
- Italie, Espagne — la simplicité sublimée par des produits d'exception
- Japon — la précision, le respect de la matière première
Et partout, j'ai compris la même chose : les meilleures recettes du monde naissent de peu. Un produit de qualité, du temps, du soin, et une vraie envie de faire plaisir.
La rencontre avec la caravane
La caravane Airstream — mon atelier roulant
J'ai trouvé la caravane Airstream par hasard, lors d'un vide-grenier. Elle était là, un peu fatiguée, mais avec une présence incroyable — cette ligne profilée, cet aluminium brossé qui réfléchit la lumière. C'était une évidence. On l'a remise en état ensemble, on l'a équipée, et elle est devenue mon atelier roulant.
L'Airstream, c'est aussi un symbole. Celle des road-trips américains, de la liberté de prendre la route au gré des envies. Il y avait quelque chose de romanesque là-dedans qui correspondait exactement à l'état d'esprit que je voulais donner à mon projet.
Aujourd'hui, on se retrouve trois fois par semaine — le mardi à Roanne, le mercredi à Bussières, le jeudi à nouveau à Roanne devant l'hôpital. Et pour les événements spéciaux, on va où on nous invite.
Aujourd'hui, chaque semaine une nouvelle aventure
Ce que j'aime le plus dans ce métier, c'est la liberté du menu hebdomadaire. Chaque lundi matin, je pense à ce qui m'a inspirée dans la semaine — une recette aperçue, un produit de saison chez le maraîcher, un souvenir de voyage qui remonte soudainement. Et à partir de là, je compose.
Lundi en cuisine — la semaine commence ici
Le menu change entièrement chaque semaine. Deux entrées, deux ou trois plats, deux ou trois desserts. Tout est fait maison, du début à la fin. Je sélectionne mes producteurs locaux pour les légumes et les viandes, et j'essaie autant que possible de travailler les produits de saison.
Les clients réguliers aiment cette surprise — ils savent qu'en venant chez Roxane's, ils ne mangeront jamais deux fois la même chose. Cette instabilité assumée, c'est ma façon de rester vivante et curieuse dans mon travail.
« Chaque plat que je pose sur le comptoir, c'est un bout de mes voyages que j'offre. »
Et au fond, ce qui me rend le plus heureuse, c'est simple : quand quelqu'un revient la semaine suivante. Quand un inconnu me dit que son repas lui a rappelé un voyage, ou qu'il a découvert une saveur qui lui était inconnue. Ces petits moments-là, c'est tout le sens de ce que je fais.